France, refus de la misère!

A l’occasion de la Journée mondiale du refus de la misère le 17 octobre 2013, le Secours Islamique France alerte sur l’augmentation du nombre de personnes en situation de vulnérabilité en France. Selon une étude de l’Insee (Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques), 8,7 millions de Français vivaient avec moins de 977 euros mensuels en 2011, soit 14,3% de la population vivant sous le seuil de pauvreté, contre 14% en 2010.

Pour lutter contre la précarité en France, SIF a mis en place les missions sociales

Pour lutter contre la précarité en France, SIF a mis en place les missions sociales

La crise économique accroît, depuis plusieurs années, la précarité de catégories de populations, de plus en plus diverses, et le profil des personnes sans domicile fixe a évolué. De plus en plus de familles modestes dont le pouvoir d’achat s’est fortement dégradé ces dernières années se retrouvent sans toit, le nombre de travailleurs pauvres ne parvenant plus à se loger se multiplie et la fragilisation des liens sociaux accentue la vulnérabilité des personnes en situation de précarité. Aujourd’hui, ce sont 3,6 millions de personnes qui sont mal logées ou sans abri en France selon la Fondation Abbé Pierre. Aux centaines de milliers de personnes vivant dans la rue s’ajoutent désormais de plus en plus de personnes qui dorment dans des parkings, des caves, des voitures ou encore dans des lieux de culte.

Au travers de ses actions d’hébergement d’urgence auprès des personnes les plus vulnérables, le SIF a constaté une augmentation préoccupante du nombre de femmes avec enfants et de femmes seules aux problématiques lourdes parmi les personnes sans abri (victimes de violences conjugales, de graves problèmes de santé ou demandeuses d’asile). Malgré l’existence d’un éventail de centres d’hébergement spécialement dédiés à la prise en charge de ces différents profils, les capacités d’accueil sont saturées et les personnes sont redirigées vers des centres déjà submergés de demandes et qui ne sont pas adaptés à leurs besoins. Par ailleurs, la fermeture de nombreux centres d’hébergement d’urgence pendant l’été fragilise davantage les personnes vulnérables. Selon la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (FNARS), tandis que 58% des demandes d’hébergement d’urgence ne sont pas satisfaites en hiver, ce chiffre grimpe à 76% pendant l’été.

 Une telle situation ne peut être tolérée. Le SIF appelle à la pérennisation des places d’hébergement d’urgence tout au long de l’année et à l’augmentation du nombre de places disponibles au sein des différents centres d’hébergement pour répondre aux besoins criants des personnes les plus vulnérables.

Michael Siegel, Chargé de mission Plaidoyer

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