L’Aïd au Kenya: Entre spiritualité et apaisement social

Après 3 heures d’attente, 10 heures d’avion, 2 heures de tracas administratifs et 30 minutes de voiture, me voici à Nairobi pour rencontrer l’équipe SIF au Kenya. Le lendemain à 6 heures, nous partons pour Masalani, à 550 km de là, afin d’assister à une des distributions de moutons. Après 11 heures de route dans une chaleur étouffante -même pour les locaux ! nous arrivons au « pays somali », dans le village de Kilindini où 50 bêtes sont distribuées pour 200 bénéficiaires venant de très loin ou vivant sur place. Chaque bête est distribuée vivante à 4 familles qui procèdent au sacrifice elles-mêmes, après des contrôles vétérinaires.

AÏd Al Adha : SIF opère aussi en Kenya

200 kényans ont bénéficié des 50 bêtes distribuées pour cette fête de l’Aïd Al Adha

Le Qurbani, en plus d’être un moment de partage, est réellement un geste symbolique fort d’apaisement social entre des sous-clans rivaux. Certains sont agriculteurs et font tant bien que mal pousser leur champs, d’autres sont éleveurs de bêtes. Or, ces bêtes se nourrissent des récoltes. Tensions et violences rythment le quotidien. Le moment de l’Aïd et la présence du SIF, ONG neutre qui distribue à tous sans distinction les bêtes, ont permis une coexistence impossible auparavant.

Même le gouverneur de la région Tana a voulu marquer de sa présence ce moment fort.

Malgré tout, les habitants de Masalani, profitent de cette journée de l’Aïd pour se concentrer sur l’essentiel: la foi, le partage et la solidarité. Pas de temps à perdre : c’est tout de suite après la prière de l’Aïd que les familles, qui ont déjà reçu une bête, l’égorgent pour la cuisiner. Toutes les cases voient alors leur toit habillé d’une peau de mouton. Les enfants attendent sagement que la viande cuise. Zeina, une gentille maman veuve de 32 ans du peuple « Somali », a reçu sa bête lors de la distribution. J’entame la conversation : « Assalam alekum, samahani, habari ? Jina lako nani ? Zeina ? Ok ! ». Avant même que je ne lui pose une question, Zeina me dit qu’elle remercie Dieu et les personnes qui lui permettent de nourrir sa famille. « Faites que le SIF soit encore là l’année prochaine, in shâa Allah », conclut-elle en souriant.

Samira Alaoui Abou El Barakat, Chargée de Projets en Communication

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