Le Ramadan : Une école de solidarité toujours vivante

La religion, c’est à la fois ce qui relie les Hommes entre eux et ce qui relie les Hommes et Dieu. Pour les musulmans, le jeûne du mois de Ramadan est l’une des concrétisations majeures de cette manière de (re)trouver le fil conducteur qui lie le croyant aux autres et à son Seigneur. Le passage coranique prescrivant le jeûne trouve d’ailleurs son point culminant dans le propos suivant.

Durant le mois du Ramadan, SIF distribue des colis aux plus démunis et aux incarcerés

Durant le mois du Ramadan, SIF distribue des colis aux plus démunis et aux incarcerés

«Et si Mes adorateurs t’interrogent à Mon sujet, et bien très certainement Je suis proche ; Je réponds à l’appel de celui qui m’appelle lorsqu’il m’appelle. Qu’ils fassent donc l’effort de répondre à Mon appel et qu’ils croient en Moi, ainsi, ils trouveront sûrement leur chemin. » (Coran –s.2, v.186)

A l’instar des autres communautés de foi, l’islam, par une abstinence temporaire de nourriture et de relations sexuelles, appelle l’être humain à dépasser la dimension purement matérielle et charnelle de son existence pour s’ouvrir à l’autre, au monde et au divin. Cette école d’ascétisme du Ramadan est vécue de façon intime mais également dans la communauté. Les musulmans ont ainsi coutume de se remémorer ce propos divin.

«Chaque bonne action du Fils d’Adam est multipliée jusqu’à 700 fois, sauf le jeûne, car il est à Moi, et c’est Moi qui en accorde la récompense ; le jeûneur abandonne son désir et sa nourriture pour Moi » (Hadith rapporté par Muslim)

La rupture du jeûne est aussi l’occasion de retrouvailles en famille autour d’un moment de joie partagée.

Au plan sociologique, le jeûne est la pratique cultuelle la plus suivie, bien avant la prière canonique. En France, tous les sondages indiquent que près des trois quarts des musulmans observent le jeûne, de façon plus ou moins assidue mais en mettant en avant trois dimensions considérées comme les plus importantes : l’exercice physique et spirituel, la rupture du jeûne en famille et le partage avec les voisins ou les nécessiteux. La perpétuation de cette pratique n’est pas anodine, notamment lorsque le mois du Ramadan entre progressivement dans la période estivale, avec de journées de jeûne dépassant les 17 heures dans certaines régions de France. De même, combien de non musulmans sont étonnés, parfois émus lorsque leur voisin musulman leur offre un plat, du « pain arabe » ou des gâteaux de façon complètement désintéressée, simplement pour répandre l’amitié à l’occasion de ce moment particulier du calendrier musulman.

Cet aspect de solidarité se traduit également aujourd’hui, de manière plus spécifique, par la multiplication très forte des dons envers les associations humanitaires musulmanes. Certains musulmans n’hésitent plus ainsi à réinterpréter la bonté envers le voisin dans un sens très large ; mon voisin, ce peut être aussi celui qui voisine mon pays ou mon continent, c’est mon prochain, mon frère en humanité envers lequel part, distribue chaque année des colis aux nécessiteux et aux personnes incarcérées ici et là-bas, ainsi que la zakât el fitr, aumône de la rupture du jeûne, pour répondre aux défi d’un monde multiforme où la souffrance est encore malheureusement trop présente.

Omero Marongiu-Perria, Sociologue Membre du Comité Ethique du SIF

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