Parole de réfugiés

Les réfugiés sont de plus en plus présents sur nos écrans, dans nos discussions, nos journaux, nos esprits. Qu’elles soient afghanes, irakiennes, syriennes, palestiniennes, centrafricaines, somaliennes, soudanaises, ou autres, ces personnes, qui n’ont pas eu d’autres choix que de quitter leurs maisons, leurs pays, cherchent un peu de paix pour elles et leurs familles. Certains ont déjà subi plus d’un départ, plus d’un conflit et veulent en témoigner. Écoutons leur voix recueillie lors de nos actions sur le terrain :

 

Etienne Tolbaye, retourné centrafricain au Tchad :

« En date du vendredi 3 mai 2014, une bande armée a fait irruption dans le village et a commencé à piller les biens, enlever le bétail, à incendier les cases et à tirer sur la population. Cette bande arriva en trois vagues : la première le matin, la seconde à midi et la troisième à 21h. Face à cette catastrophe, nous nous sommes mis en route moi et ma famille, laissant tout derrière nous, pour nous installer ici à Béthel. En tout, mon foyer compte dix personnes ».

 

Une réfugiée syrienne au Liban :

« Le problème est que nous avons quitté nos maisons, à cause de toute cette pression. Nos maisons ont été détruites et nous n’avons plus rien. Je veux juste que mes enfants soient en bonne santé, qu’ils mangent et boivent, et puissent vivre correctement, pas plus. Nous voulons un peu de dignité, juste un peu de dignité. Nous ne demandons rien à personne et ne tendons la main vers personne. Nous voulons juste qu’on nous donne les moyens de nous en sortir. »

 

Mohamed Salah, réfugiés soudanais à Calais :

« Le matin, je me lève et prends une douche au centre Essalam et vers 15h, je fais la queue pour le repas. J’attends longtemps, jusqu’à 18h30 dans cet endroit. Et le lendemain c’est la même chose. Je ne vis pas seul dans la tente. Nous sommes un groupe de 10-15 personnes à vivre dans la tente. Parfois, on manque de produits de base, de riz, de semoule, de pain, de pâtes, d’oignons et non se limite donc aux seuls repas distribués au centre. Si tu rates la distribution de repas, après 18h, il n’y a plus rien. J’aimerais bien rester en France, peut-être partir à Paris, le temps de pouvoir partir ailleurs parce qu’ici, il fait très froid et il y a beaucoup d’humidité. »

 

Samira Alaoui Abou El Barakat, Chargée de projets

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