Ramadan avec le SIF, raconté par ceux qui le vivent, par ceux qui le font

Awa, Diallo

Maman tutrice, ville de Rufisque, près de Dakar

« Beaucoup de passants, de mendiants, d’enfants de ménages pauvres, de personnes démunies, de daaras (écoles coraniques) et mosquées ainsi pu rompre leur jeûne aujourd’hui avec ce qu’on a préparé de nos mains et avec ce que nous avions. Nous aussi nous manquons de moyens, mais l’union fait la force : grâce à la participation de tous, nous avons accompli un acte de solidarité très recommandé pendant le mois de Ramadan : « donner à manger » ».

 

Khady Ndao,

Chargée de programme parrainage des orphelins Dakar, Sénégal

« Il y aura toujours des personnes à aider dans ce monde. Et chacun avec le peu qu’il a, peut intervenir car le monde est un escalier. A chaque marche où l’on se trouvera, il y aura toujours ceux qui seront sur une marche plus haute que nous et ceux qui seront sur une marche plus basse. Donc, quelles que soient les difficultés, valorisons toujours ce qu’on a en prenant égard à ceux qui sont au bas de la marche ».

 

Sihame,

27 ans, bénévole (Sihame est une force vive des tables de Ramadan depuis quatre ans)

« J’ai toujours voulu m’engager dans les actions humanitaires par fibre familiale et par ma culture africaine du partage. Il y a quatre ans, vivant à Saint-Denis, je suis passée devant le chapiteau des Tables de Ramadan, j’y suis entrée et demandé s’il y avait besoin d’aide. On m’a mis à la vaisselle et voilà ! Je suis très contente d’aider les plus démunis car je me dis que mon Ramadan sert à quelque chose. Moi qui ai toujours voulu travailler dans l’associatif, cela m’a permis de mettre de pied à l’étrier : lavage des plateaux, service, ménage, commis de cuisine, échange avec les usagers, j’ai occupé tous les postes ! Maintenant je me dis que ces personnes aux Tables n’ont pas dû passer une bonne journée, alors partager un sourire, un mot gentil est notre devoir, ça peut leur mettre un peu de baume au cœur. Et cela me motive à être toujours dynamique et montrer un beau visage. Rien que pour ces gens-là, il faut tout donner ».

 

Dania El-Kareh,

Chargée Projets Syrie

« Une bonne relation avec l’autre signifie une meilleure relation avec Allah. Si Ramadan est censé être un mois de paix, en Syrie, il n’y est que plus long et plus rude. Il est dur de pacifier son âme dans un pays assiégé. Fini le temps où notre Ramadan permettait de réunir les familles autour d’une table ; elles quittent désormais leur maison. Il n’est presque plus possible d’acheter à manger au vu de l’inflation des prix hors norme. Plus de la moitié des boulangeries ont fermées depuis le début du conflit. Pouvoir se procurer de la viande et des légumes est de plus en plus rare. Cette pénurie entraine davantage de familles déplacées dans le besoin, malgré l’aide qui est fournie par les travailleurs humanitaires. Membre du SIF, j’ai la chance d’être un remède – ne serait-ce qu’infime et temporaire – à leur détresse. Je le sais, ce Ramadan va encore une fois être ardu… mais que  puis-je faire de plus à la faim, la maladie, la pauvreté, la mort ? Parfois, je suis envahie d’un sentiment de frustration, d’impuissance. Mais je tiens bon. Pour eux. »

 

Marion Boccaccion,

Chargée Projets saisonniers

« Mon Ramadan, c’est mon rythme, mon projet professionnel de l’année. Dès qu’un Ramadan se termine, je vérifie les dates du suivant et je fais mon planning : imaginer de nouveaux et meilleurs projets au moins sept mois avant, prévoir les achats, régler les derniers détails et c’est parti ! Sur le terrain, c’est l’aboutissement de tout ce travail avec nos quinze missions et leurs équipes, Alhamdoulillah ! Ensuite, je reçois les photos des bénéficiaires, je vois que ce qu’on a essayé de nouveau cette année leur a fait plaisir, qu’on se rapproche d’eux et… on recommence !

J’ai la chance de ne pas avoir le droit d’oublier le Ramadan et de le préparer toute l’année, rendez-vous compte ! C’est pourquoi je rêve aussi de faire durer notre projet Ramadan sur toute l’année pour nos bénéficiaires. Je rêve qu’ils ne se sentent pas uniquement mieux pendant un mois et que nous les aidions sur toute l’année en soutenant leurs activités économiques, agricoles et éducatives. Y a-t-il plus beau défi pour le Secours Islamique France ? »

 

Aysha Abu Mghaseeb,

Bénéficiaire de Gaza

« J’aime le Ramadan et l’attends toujours avec impatience ; d’autant que beaucoup de personnes nous soutiennent à travers la Zakât et les colis alimentaires. Ceci dit, cette année est difficile car elle coïncide avec la commémoration de la mort de mon fils qui a été tué lors des attaques de 2014. Plusieurs jours peuvent passer sans un sous. Je compte sur la Zakât que les autres me reversent et l’aide humanitaire. Je suis tellement heureuse d’avoir reçu un colis ; c’est une ressource importante durant ce mois de Ramadan. Mon fils a perdu la vie pendant la guerre quand nous avons fui notre maison, les tirs nous avaient subitement pris pour cibles… »